Produire localement, créer de la valeur et transmettre des compétences

Dans l’atelier de KALEBASSE à Bamako, Aboubacar Kanouté se tient entre des écrans de création graphique et des équipements d’impression grand format. L’image résume le chemin parcouru par son entreprise : concevoir, produire et former au même endroit, avec davantage de maîtrise sur les délais, les coûts et la qualité.
Créée en avril 2019, KALEBASSE s’est spécialisée dans l’imprimerie numérique, la personnalisation de supports et la formation aux métiers du design graphique. L’entreprise imprime et personnalise notamment des T-shirts, des mugs, des casquettes, des bâches et différents supports de communication. Elle accompagne aussi des jeunes et des entrepreneurs dans la conception de visuels, de logos et de contenus professionnels, avec des formations sur Photoshop, Illustrator, InDesign, Canva et les outils d’intelligence artificielle.
Pendant plusieurs années, une partie des commandes devait toutefois être confiée à d’autres imprimeurs. Cette sous-traitance augmentait les coûts, rallongeait les délais et limitait la capacité de KALEBASSE à organiser son travail selon ses propres priorités. Pour une petite entreprise créative, dépendre d’un prestataire extérieur signifie aussi perdre une partie de la relation avec le client au moment le plus décisif : celui où l’idée devient un produit fini.
Un investissement qui change l’organisation du travail
En mars 2026, un investissement global de 6 283 000 FCFA a été mobilisé dans le cadre du FACEJ II pour accompagner le développement de KALEBASSE. L’entreprise a notamment acquis un traceur de 1,80 mètre et un copieur multifonctions. Elle a également bénéficié de formations, de coaching, d’un appui à la gestion et de mises en relation avec des partenaires.
Ces équipements ont permis d’internaliser une partie des travaux auparavant sous-traités. KALEBASSE peut désormais mieux planifier sa production, raccourcir les délais et conserver dans l’entreprise une part plus importante de la valeur générée par chaque commande. Les premières recettes supplémentaires ont aussi été réinvesties dans d’autres équipements, prolongeant l’effet de l’investissement initial.

Des résultats déjà visibles
La progression se lit dans les chiffres. En 2025, KALEBASSE avait réalisé un chiffre d’affaires annuel de 14 320 990 FCFA. Entre janvier et juin 2026, l’entreprise avait déjà généré 10 873 927 FCFA, soit 75,9 % du chiffre d’affaires de toute l’année précédente. Pour le seul mois de juin 2026, le chiffre d’affaires a atteint 2 304 977 FCFA : un niveau presque deux fois supérieur à la moyenne mensuelle enregistrée en 2025.
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6 283 000 FCFA investissement mobilisé |
75,9 % du CA 2025 atteint en 6 mois |
6 emplois permanents maintenus |
L’entreprise maintient aujourd’hui six emplois permanents, dont quatre occupés par des hommes et deux par des femmes. Elle accueille aussi des stagiaires et poursuit ses activités de formation. Dans le cadre de ses cours et de ses actions d’accompagnement, KALEBASSE indique avoir déjà formé des milliers de jeunes, y compris grâce à des contenus accessibles en ligne et en bambara.
Cette dimension de transmission distingue l’entreprise. KALEBASSE ne se limite pas à vendre un service d’impression : elle partage des compétences qui peuvent aider d’autres jeunes à créer une activité, à mieux présenter leurs produits ou à accéder à des métiers créatifs. L’intelligence artificielle est progressivement intégrée dans ce parcours, par exemple pour visualiser, ajuster et valider une création avant impression. L’objectif est concret : réduire les erreurs, gagner du temps et améliorer l’expérience du client.
De nouvelles perspectives commerciales
Le renforcement de l’atelier a également ouvert de nouvelles perspectives. Aboubacar Kanouté représente désormais au Mali la marque d’équipements d’impression YINGHE. Il contribue à faire connaître ces machines et intervient dans leur montage et leur installation auprès de nouveaux acquéreurs. Cette activité complète les services de KALEBASSE et valorise l’expertise technique acquise par son équipe.
| “L’appui du FACEJ II nous a permis de renforcer nos équipements, d’élargir nos activités de formation et de faire grandir l’entreprise. À travers KALEBASSE, nous avons pu former des milliers de jeunes et contribuer à leur insertion socioprofessionnelle.”
Aboubacar Kanouté, fondateur de KALEBASSE |
La prochaine étape est déjà dessinée. KALEBASSE souhaite investir dans une machine CNC et une imprimante 3D, recruter deux nouveaux jeunes en veillant à la parité, développer un point de vente de matières premières et ouvrir, à terme, une implantation régionale. Ces ambitions prolongent la même logique : produire davantage localement, diversifier les services et créer de nouvelles possibilités pour les jeunes.
Le 30 juillet 2026, les résultats de KALEBASSE ont été présentés lors d’une visite de terrain conduite par la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck. Cette visite a permis de constater, au plus près de l’atelier, comment un financement associé à l’accompagnement, au suivi et au réseautage peut aider une jeune entreprise malienne à franchir un cap.
Le FACEJ II est financé par le Royaume du Danemark, avec un cofinancement du Royaume des Pays-Bas. Il est mis en œuvre sous l’égide du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle du Mali, avec le consortium PROMAN-ACK International en qualité de gestionnaire du Fonds.

